Me voilà dans la ville d’Uyuni, dans le sud de la Bolivie et je pars pour un raid de 3 jours en 4×4. Objectif, traverser la cordillère des Andes pour passer de la Bolivie au Chili au milieu de paysages désertiques et magnifiques.
Je viens d’arriver à Uyuni, il est 6 heures du matin et j’ai dormi 2 heures. Le voyage en bus, de nuit, depuis La Paz était un enfer (pneu crevé après 30km, changement de bus après 3 heures d’attente, conduite de taré pour rattraper le retard…). Pas de soucis, je suis motivé car dans 3 heures je pars pour le désert de sel. Juste le temps de faire un petit tour dans la ville. Il y a 10000 habitants ici, la plupart vivent du tourisme (il est prévu la construction d’une usine pour récupéré le lithium du désert, cela ferait du bien à la région). C’est déjà l’heure, je prends la route avec 11 compagnons et 2 chauffeurs (nous sommes répartis dans 2 véhicules). Avant d’atteindre le Salar d’Uyuni, on s’arrête près d’un petit village, à Colchani. Ici on dirait que le temps s’est arrêté, l’essort qu’a connu la région grâce au sel a cessé. Il y a un cimetière de train juste à côté, vraiment un décor particulier. A noté que les maisons des villages du coin sont construites avec des blocs de sel (les tables et chaises aussi, personne ne dit passe moi le sel ici, il est partout).
Ca y est on entre dans le désert de sel, une étandue blanche immense entourée de montagnes. Lorsqu’il pleut, l’eau stagne sur de grandes étendues (le salar est très plat). Cela créé des lacs peu profonds. Le chauffeur passe au milieu de l’un d’eux pour nous faire flipper. En fait il y a très peu d’eau (maximum 30cm), mais on a la sensation d’être sur une couche de glace qui peut se briser et non sur un sol rigide de sel compacté sur des dizaines de mêtres (les couches les plus profondes sont à 100m du sol). Petit passage devant la sculpture de sel du Dakar qui se court ici depuis quelques années (beaucoup de monde ici, cette partie est très touristique). On rejoint ensuite l’île d’Incahuasi. Qu’y a t il sur cet îlot? Des cactus, millénaires et géants. Cette petite colline remplie de cactus se trouve en plein milieu du salar (ces cactus grandissent d’1cm par an et les plus grands font 10m). La vue depuis le sommet de cet îlot est incroyable, le désert de sel est immense. Le soleil décline rendant le paysage encore plus incroyable grâce au reflet des montagnes sur la fine couche d’eau présente (on a l’impression de voir les voitures flotter au dessus de l’eau). On quitte le désert de sel de nuit, par des chemins de terres, pour rejoindre notre premier refuge, près de Julaca, pour manger et dormir (ahhh, dormir). On sort observer les étoiles après manger, le ciel est magnifique, aucune pollution lumineuse…
7 heures du matin, on est reparti. Avec la nuit, nous n’avions pas réalisé, mais nous sommes au milieu de nulle part. Plus de route, juste une vague piste ou simplement des traces dans le sable (le trajet était un peu chaotique parfois mais les chauffeurs étaient au top et n’hésitaient pas à envoyer du bois). De temps en temps, des maisons de bergers, les lamas et les alpagas sont nombreux dans la région. Sinon du sable, des landes, de la terre, du sel et les montagnes comme horizon (vraiment une superbe expérience). Nous sommes seuls, plus de touristes à l’horizon (oui, 12 gringos, ok), la plupart des visites proposent le désert de sel mais beaucoup moins font la traversée de la cordillère.
Petit arrêt dans le village de San Augustin pour un ravitaillement. Ici nous sommes dans une vallée fertile, il y a des champs de quinoa et des lamas broutant dans le lit d’une rivière, c’est un petit canyon en réalité. On s’arrête également plus au sud pour observer le volcan Ollague et les monts Tomasamil et Canapa qui culminent tous trois à 5800m. On grimpe sur des rochers énormes posés là comme par magie (j’en profite aussi pour photographier les autres gringos).
Plus loin, nous faisons une pause au bord de la Laguna Chulluncani. Le mont du même nom surplombe le lac à 5500m d’altitude (le lac est à 4500m). Nous nous arrêtons au bord d’un autre lac, la Laguna Capina. Toujours les mêmes beaux paysages avec en prime des flamands roses (ils se sont paumés ou quoi). On passe un moment à les observer, silencieusement pour ne pas les faire fuir.
En allant vers le sud nous stoppons au bord de la Laguna Colorada. L’eau rouge, due à la pigmentation d’algues, contraste avec le sel blanc (c’est beeaaauuuu). Ici aussi des flamands roses, très nombreux et toujours les montagnes enneigées pour compléter le tableau. Nous sommes à l’entrée du parc national Eduardo Avaroa, qui s’étend au sud jusqu’à la frontière chilienne.
Toujours plus au sud, nous poursuivons notre route vers les Fumarolas De Sol De Manana, un site de geysers à 5000m d’altitude (4990m officiellement, on ne va pas chipoter). Il y a une forte odeur de souffre, beaucoup de fumées, qui sont d’ailleurs très chaudes. Sol De Manana veut dire soleil de demain, c’est une très grande région avec de nombreuses zones de geysers. L’énergie de chacune d’entre elle va être captée par des pipes lines enterrés pour permettre de générer une importante quantité d’électricité propre (les travaux sont en cours pour encore plusieurs années certainement). Le soleil descend déjà, nous rejoignons notre reguge à Polques, au bord d’un lac thermal (aguas calientes).
Dernier jour du raid, nous sommes en plein milieu du parc Eduardo Avaroa. Le levé de soleil au dessus du lac Polques est superbe. Nous repartons et faisons une halte dans le désert de Salvator Dali (appelé comme ça pour la couleur des montagnes). Ensuite nous nous rendons sur le site de la Laguna Verde. Elle a une couleur verte à cause du cuivre contenu dans les sédiments (la couleur verte n’était pas flagrante, il faut les bonnes conditions météo apparement). Ici pas de flamands roses, car il y a de l’arsenic dans l’eau (un petit verre?). Juste derrière, le volcan Licacambur, culminant à 5900m d’altitude.
Voilà, on traverse la frontière pour entrer au Chili. Un bus nous amène à San Pedro De Atacama. Je quitte mes compagnons de voyage et je visite le village. San Pedro est très joli, la place centrale est très agréable (des musiciens tapent le boeuf devant les badauds). C’est également très touristique. Les petites ruelles du villages donnent très vite sur la campagne avec la vue sur les sommets de la Cordillère des Andes, notament le volcan Juriques au dessus duquel le soleil se lève.
Ainsi se termine cette escapade dans la Cordillère des Andes, c’était fabuleux. Je me rends maintenant dans le centre du Chili à Puerto Montt où je vais passer quelques jours plus tranquilles.
FABULEUX !!!
Gros bisous
maman
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Et bien que de péripéties !!!! Bon repos bien mérité !!! Bisous
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Salut,
Merci pour le partage de tous ces supers articles! Les nuits en altitude doivent être fraiches, mais quand on voit tes photos: il semblerait qu’on soit largement récompensé de l’effort, c’est sublime. Ils en ont de la chance ces flamands roses d’avoir ce cadre en permanence!
Bonne suite de voyage, bisous
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Les nuits sont très froides oui, mais le ciel est clair et je n’ai jamais vu autant d’étoiles… On est resté dehors un bon moment à les observer. En plus les constellations Incas sont marrantes, des lamas, des ponchos…
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Merci Jean Yves de partager avec nous ton voyage par ces photos et récits.Un vrai Globe-Trotter!.Bonne continuation , BIses des Médocains.
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Splendide, quelle chance c’est inoubliable et ce n’est que le début:-) ENJOY!
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Coucou 😊 Tu fais vraiment de superbes photos!! Les paysages sont magnifiques, c’est immense!!! où en est ta barbe? Et côté repas et apéro, le Pérou se défend ou tu est en manque d’un bon cassoulet fromage vin rouge? Gros bisous
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Hmm, il va me falloir un coiffeur avant la fin c’est sur^^
Sinon question apéro au Pérou y a la chicha c’est pas mal comme boisson.
Par contre maintenant au Chili ils ont le pisco, c’est un peu fort et question bouffe ils se défendent. Papas fritas (patates frites), bon steaks, oeufs et oignons… Bonjour le cholestérol.
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