Je suis à Punta Arenas, dans le Sud du Chili et je pars pendant quelques jours à la pointe du continent américain, à Cabo De Hornos. Direction le village de Puerto Williams, qui se situe à environ 50km au Sud Est de Ushuaïa (je reviens ensuite à Punta Arenas pour plusieurs jours).
A l’aller, j’embarque dans un petit bimoteur pour me rendre à Puerto Williams (le même que celui de St Barth). 2 heures de vol pendant lesquelles je passe à basse altitude à proximité de la Cordillière de Darwin. Le ciel est dégagé et le spectacle est grandiose, les méandres du Détroit de Magellan s’enfoncent dans les terres au milieu des pics enneigés. Le contraste des couleurs est saisissant (les forêts sont rouges car c’est l’automne ici). J’aperçois aussi quelques glaciers dans les montagnes.
J’arrive donc à Puerto Williams, ici c’est le bout du monde. C’est une ancienne base navale qui s’est petit à petit transformée en village de pêcheurs. Ici, on pêche l’araignée de mer que l’on appelle crabe royal de Patagonie (centolla en espagnol, c’est plus simple). C’est très bon, ça ressemble au crabe (c’est très gros, jusqu’à 5kg, bon sur ma photo c’est un bébé), c’est cuisiné en salade avec de l’avocat ou même en lasagnes. Le village est très agréable, très calme, son parc municipal Ukika permet d’apercevoir une belle rivière et la forêt colorée au pied des montagnes. Les environs du village sont très beaux aussi, très paisibles.
C’est parti pour une randonnée, direction le lac Robalo. Un chemin longe la rivière du même nom, il y a beaucoup de boue, le sentier est difficile en cette saison (par endroit il n’y a même plus de sentier, juste les marques sur les arbres pour se repérer au milieu de la forêt), une bonne galère. Mais les paysages et la vue sur les cascades de la rivière valent le coup de faire cette marche dans les bois.
Sur le chemin du retour, je bifurque vers le Cerro Bandera, le sommet d’une colline sur laquelle il y a un drapeau du Chili. Je grimpe par un sentier abandonné (heureusement que les arbres sont bien marqués), tout droit et vraiment très raide sur environ 2km (ok je n’ai plus de jambes, ça grimpe sévère). En quittant la forêt, la vue se dégage petit à petit sur le Canal de Beagle, Puerto Williams est au bord de ce canal, de l’autre côté c’est l’Argentine et Ushuaïa. Belle vue également sur la forêt tout autour de moi, sur le village de Puerto Williams, sur la chaine de montagne argentine et je vois enfin le fameux drapeau, je peux souffler et admirer. Je poursuis ensuite ma route jusqu’à voir le lac Robalo depuis les hauteurs (là où j’étais quelques heures plus tôt) et aussi les Dents de Navarino (nous sommes sur l’île Navarino, région de Cabo De Hornos).
Il commence à être tard et le froid arrive, je redescends par un chemin plus facile pour rejoindre Puerto Williams (le Cerro Bandera est à 600m d’altitude). Sur la route je peux photographier des espèces de piverts, je les entendais cogner depuis un moment (ce sont des carpinteros magallanes). J’arrive enfin au village, j’ai fais environ 20km, je suis crevé. Je n’étais d’ailleurs pas tout seul car un chien est resté avec moi toute la journée, il me montrait même le chemin, un vrai guide (il a eu droit à un bout de mon sandwich à midi).
Petite escale surprise le jour suivant, en route pour Puerto Toro. Un ferry dessert ce village une fois par mois et c’est aujourd’hui, le coup de chance car en plus c’est gratuit, c’est le gouvernement qui prend en charge ces liaisons vers les villages isolés (il n’y a pas de route vers Puerto Toro). Le Chili investit énormément pour faciliter les connexions entre les villes et villages (obras que unen chilenos, c’est leur slogan), il faut dire que la géographie du pays complique les choses. C’est mon hôte qui me prévient de l’existence de ce ferry la veille, il appelle même la compagnie pour confirmer (dormir chez l’habitant ça a du bon). Départ de bon matin, on a droit au lever du soleil sur le bateau. J’observe les montagnes depuis le milieu du Canal de Beagle, il fait beau, c’est parfait. Encore plus parfait lorsque des dauphins nous rendent visite et s’amusent autour du bateau. Il y a aussi des lions de mer qui passent près du bateau (ceux là sont très difficiles à photographier, trop furtifs) et beaucoup d’oiseaux.
Puerto Toro est en vue, c’est tout petit. Quelques familles de pêcheurs vivent ici, une cinquantaine d’habitants à peine. C’est le village de plus austral du monde (Puerto Williams est juste un peu plus au nord et Ushuaïa encore un peu plus). Juste 2 heures d’escale avant le retour, le temps de visiter le village et ses environs, de discuter avec les pêcheurs de leur travail (ici aussi ça pêche du centolla). Certains pêcheurs vivent sur leur bateau, ils ont une vie plutôt rude. C’est déjà l’heure du retour, cette ballade au bout du bout du monde était géniale.
De retour à Puerto Wiliams, je remonte vite sur un ferry pour revenir à Punta Arenas. J’ai choisi de rentrer comme ça, 30 heures de traversée par le Canal de Beagle et l’Océan Pacifique pour remonter ensuite par le Détroit de Magellan. Il fait très froid sur le pont du bateau mais le paysage est si beau que la plupart des passagers restent dehors jusqu’à la nuit (les appareils photos chauffent, c’est bien les seuls). Le coucher de soleil est magnifique, on passe devant la ville de Ushuaïa toute illuminée (beaucoup plus grand que ce que j’imaginais). Quelques heures plus tôt des baleines se sont montrées. Au début on ne voyait que leur jet d’eau au loin, mais certaines sont passées assez près pour que l’on voit leur dos et leur queue (ce sont des baleines à bosse).
Après une nuit plutôt bonne à bord du bateau (au chaud), je sors sur le pont de bonne heure pour voir le lever du jour. Ce coup ci, pas de soleil, de la pluie même (meeerde). Il fait vraiment très froid (hier il faisait bon en fait), toute la journée. On observe tout de même de très beaux paysages, les nuages et le brouillard donnent un nouvel aspect à ces terres qui semblent inviolées. Ici pourtant, c’était le territoire des Yaghans, des indigènes qui sont aujourd’hui disparus, mais qui vivaient dans cette région. On passe devant un glacier avant de rejoindre le Détroit de Magellan et on observe quelques bateaux de pêcheurs perdus dans l’immensité du paysage ainsi que le phare San Isidoro qui paraît minuscule (j’irais le voir demain). Le soleil se montre un peu avant de vite se coucher (il n’a rien réchauffé du tout), on arrive enfin à Punta Arenas dans la nuit.
Je suis ravi de ces quelques jours à Cabo De Hornos, j’ai vu beaucoup de belles choses, inoubliables, c’est une région magnifique au bout du monde. Le Chili est un pays fantastique ou il fait bon vivre, les gens sont très accueillant et en plus je commence à taquiner en espagnol (non, c’est faux). Je reste à Punta Arenas quelques jours pour profiter encore de ces terres splendides. Cela fait déjà plus d’un mois que je suis parti, le temps file en voyage, je profite à fond.
Superbe👍
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Super !!!! Mais que de beaux paysages, profite et continue à nous en faire profiter aussi, bisous. Coco
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Un grand merci pour ces moments magiques et félicitations pour tes panoramiques qui sont magnifiques.
Continue à nous faire rêver mais repose toi un petit peu.
Nous t’embrassons bien fort.
Annick et Robert
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Merci pour ces magnifiques photos. Que la nature peut être belle !
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très très beau le bout du monde;-)
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Comme dirait l’autre c’est beau mais c’est loin ^^
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