Terre de feu

Me voilà donc à Punta Arenas pour quelques jours. Cette ville du Sud du Chili de 150000 habitants est la dernière grande ville chilienne avant la fin du continent, elle se situe au bord du Détroit de Magellan.

Cette ville côtière est un point de chute parfait pour visiter la région, mais elle mérite aussi qu’on s’y attarde, qu’on s’y promène. La place centrale et ses petits étals de souvenirs avec des roulottes originales, les monuments historiques qui entourent la place, plus loin les allées boisées du centre qui mènent à d’autres monuments et au cimetière municipal, tous ces lieux sont très agréables. Les restaurants et les bars du quartier sont sympas (les chiliens n’ont rien à nous envier niveau gastronomie). Sur les hauteurs de la ville, le Cerro de la Cruz est un joli point de vue sur la ville et l’océan.

La longue promenade sur la côte permet d’apercevoir de nombreux bateaux, il y a une grande base navale, des bateaux de pêche de toutes tailles, de nombreuses épaves également (j’adore voir ces gros bateaux échoués près du rivage). Il y a aussi un musée avec des répliques de vieux gréements, un travail impressionant (on s’y croiraient). A côté des bateaux, on peut aussi observer des cormorans impériaux depuis la côte, ils squattent de vieux pontons entre deux plongées à la recherche de poissons (c’est bizarre mais dès qu’il y a un ponton abandonné, il est rempli de cormorans).

En route pour le phare San Isidoro, dernier phare du continent (celui que j’ai pu voir depuis le ferry hier). Le chemin pour s’y rendre est évidemment chaotique, mais splendide. On longe la côte en passant par des forêts, au dessus de rivières et par Fuerte Bulnes. Cet ancien fort surplombe le Détroit de Magellan, en réalité le fort ne compte que quelques cabanes en bois et une dizaine de canons. A côté il y a un musée sur le Détroit de Magellan : histoire des explorations maritimes, faune, flore… C’est très intéressant. Depuis le musée on peut aussi observer l’ancien village de Puerto Del Hambre aujourd’hui abandonné et inaccessible.

Quelques kilomètres avant d’arriver au phare, la route s’arrête et il faut marcher (10km aller retour). En fait on se ballade sur une plage de galets et de rochers pendant tout le trajet, c’est superbe. Des ruisseaux d’eau rouge se jettent dans l’océan à de nombreux endroits (des rivières aussi), il y a des micros algues dans l’eau qui sont toxiques. Ce phénomène naturel pose des problèmes à certains moments de l’année car ces algues sont mortelles pour les animaux. De nombreux poissons sont retrouvés morts sur les côtes quand la concentration d’algue est importante (mareas rojas), l’eau et alors beaucoup plus rouge.

J’aperçois le phare au loin, je me rapproche du but. A ma grande surprise des dauphins viennent jouer près du rivage juste devant moi, ils sautent hors de l’eau et font des vrilles, un vrai spectacle (je les auraient bien rejoins dans l’eau mais elle est glaciale). Je les observe un moment avant de repartir. J’arrive enfin au phare San Isidoro. Le point de vue est magnifique, on peut voir toutes les montagnes des îles de Dawson et Clarence de l’autre coté du Détroit de Magellan.

Direction le petit village de Rio Verde, à une centaine de kilomètres au Nord Ouest de Punta Arenas. Comme d’habitude les chemins sont en terre, j’espère aller le plus loin possible dans la journée. Les paysages sont très beaux. Ici c’est un sorte de tundra, pas beaucoup d’arbres, juste des prairies à perte de vue. Les propriétaires de ces terres vivent dans de grandes estancias (sorte de ranch) éparpillées dans la région, certaines sont magnifiques. Les gens ici sont des éleveurs de vaches et de moutons, il y a des troupeaux énormes un peu partout (et aussi un cheval).

J’ai pu observer de nombreux oiseaux aussi. Des rapaces que l’on appelle des caranchos avec leur tête rouge et noire, des buteos qui sont de petites buses, beaucoup de condors aussi faisant de grands cercles dans les airs (je n’ai pas pu en photographier). J’ai également vu de nombreux oiseaux marins comme les flamands roses, les cauquens (grosse oie sauvage), les goélands, les cormorans, ect… Il y a aussi des autruches (quoi?). En fait ce sont des nandus, une espèce de Patagonie qui ressemble beaucoup aux autruches (le plumage est différent). Ceux ci sont protégés car en voie d’extinction, ils ont été chassés pendant bien longtemps. Aujourd’hui ces nandus se promènent donc librement en petits groupes un peu partout dans la région, il y en a même qui se balladent au milieu des moutons.

J’arrive dans la région de Entre Vientos où un étroit bras de mer relie deux golfes immenses. Comme son nom l’indique il y a beaucoup de vent ici et aussi de jolies lagunes. Me voilà enfin à Rio Verde, le village n’est pas beaucoup plus grand qu’une estancia, il est en fait réparti des deux côtés du bras de mer, un ferry fait des allers retours toute la journée, ça dure 5 minutes (il doit y avoir 200m à peine entre les deux rives). C’est déjà l’heure de rentrer pour ne pas arriver trop tard dans la nuit à Punta Arenas.

Le lendemain je traverse le détroit pour me rendre sur la terre de feu, près de Porvenir. Cette terre paraît déserte, même si il y a en fait des estancias, des vaches et des moutons en grand nombre. Après avoir longé la Bahia Inutil, je me rends dans une réserve naturelle de manchots. La région compte de nombreuses réserves comme celle ci, mais en cette saison les manchots et pingouins migrent (à partir de mars). Heureusement sur ce site il y a des petits encore trop jeunes pour migrer et leurs parents qui les gardent (environ une centaine d’individus, que l’on peut observer d’assez près sans les déranger). Il y a aussi des renards qui doivent être friands des oeufs de manchots. Le soir je traverse le détroit par la Bahia Azul pour revenir sur Punta Arenas, un passage étroit de 4km de large qui s’ouvre ensuite sur l’Océan Atlantique.

La région de Punta Arenas est splendide, demain je m’éloigne un peu pour visiter le parc national de Torres Del Paine sur deux jours.

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Avatar de Inconnu Marie-Raymonde dit :

    le Chili…vraiment magnifique et surprenant…
    Une nouvelle fois merci pour ce beau reportage.
    Gros bisous de maman

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  2. Avatar de Vincent D. Vincent D. dit :

    Ça fait rêver.. Merci Jean-Yves de nous faire voyager à travers ton blog. Profites bien de ton voyage qui semble vraiment incroyable !
    Et chapeau pour ce blog ! C’est bien écrit et tes photos sont très belles !
    La bise cousin.

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    1. Avatar de Jean-Yves Brabant Jean-Yves Brabant dit :

      Merci Vincent
      Je fais de mon mieux pour ne pas faire de fautes^^

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  3. Avatar de Inconnu Anonyme dit :

    bluffant ce voyage. que de souvenirs à rapporter en France ! profite de ces moments inoubliables. on t’embrasse. Janine

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